Hommage à Rénato
Nous avons appris la disparition de Rénato, pionnier de l'animation 3D.
Toutes les brèves : Le monde de l'animation
Nous venons de perdre un homme qui a compté dans le monde de l’animation.
Rénato n’est pas forcément très connu du grand public. Il est pourtant l’un des pionniers de l’animation 3D dans le monde, à une époque où la France faisait elle-même figure de pionnière. On peut dire que ses premières expérimentations ont fait des émules. J’en suis moi-même, un héritier et je ne suis pas le seul.
Très tôt attiré par l’animation, il expérimente de nombreuses techniques, de la 2D au papier découpé. Adolescent, il fréquente l’atelier de Paul Grimault. Au début des années 1980, il découvre l’image de synthèse, qui deviendra sa grande passion.
Nous sommes alors aux tout premiers temps de la 3D. Rénato réalise l’une des toutes premières publicités françaises en images de synthèse, Le Flipper de la délinquance, une commande institutionnelle. À cette époque, le soutien apporté à la filière par le Plan Recherche Image du ministère de la Culture joue un rôle déterminant dans l’émergence et le développement de l’image de synthèse en France.
En 1985, il fonde Fantôme avec Georges Lacroix et Jean-Yves Grall. Ensemble, ils développent en 1989 l’une des toutes premières séries d’animation 3D au monde : Les Fables Géométriques, créée pour Canal+ puis rediffusée sur France 3.
Ce succès conduit à la création de Insektors en 1993. Avec ses 26 épisodes de 13 minutes, cette série constitue alors un exploit technique sans précédent. En durée cumulée, elle représente l’équivalent de plusieurs longs-métrages réalisés en images de synthèse, avant Toy Story et plusieurs années avant Fourmiz et 1001 Pattes, qui exploreront eux aussi l’univers des insectes.
Renato poursuit ensuite sa carrière en créant Once Upon a Toon à Angoulême et en travaillant notamment pour Ellipsanime sur la série Garfield et Cie.
Renato laisse derrière lui un héritage considérable. Il fait partie de ceux qui ont ouvert une voie alors que tout restait à inventer.
Beaucoup d'entre nous ont construit leur parcours sur un terrain que Renato et quelques autres avaient contribué à rendre possible. Au nom de l'AFCA, mais aussi en mon nom personnel, je voulais lui rendre hommage et adresser mes pensées à ses proches.
Nicolas Deveaux